Une voix retentit. C'était son père qui l'appelait, en bas. Le petit déjeuner était prêt. Alice n'avait jamais connu sa mère, qui était morte dans un accident de voiture. C'est son père qui s'occupait de tout depuis 7 ans maintenant...
- Céréales ? Demanda le père d'Alice qui venait de descendre l'escalier en bois menant au deuxième étage, là où se trouvait sa chambre.
- Non merci, je n'ai envie de rien...
- Du jus d'orange, alors ? Insista t-il
- Papa je viens de te dire que je ne voulais rien !
- Très bien, mais ne viens pas te plaindre d'avoir faim avant midi ...
Sans même accorder d'attention à ce que son père lui avait conseillé, elle prit sons sac en bandoulière et sortit de la minuscule cuisine.
- Passe une bonne journée, ma puce !
- Merci papa, à plus tard !
Alice adorait son père, certes il l'agaçait un peu quelquefois, il la couvait et n'était pas vraiment « dans le coup » mais c'étais maintenant sa seule famille... Lorsqu'elle ouvrit la porte, l'air frais de l'extérieur lui fouetta le visage, mais la pluie avait cessé. Elle n'habitait pas à côté du collège, mais pour ce premier jour, elle avait préféré marcher un peu avant de débarquer dans une cour remplie d'adolescents peut-être hostiles à son arrivée. L'établissement était imposant : droit, sombre, symétrique. Des rangées de fenêtres encadraient l'entrée aux portes en bois massifs qui laisser deviner que l'endroit devait être assez ancien. Contrairement à ce qu'elle avait pensé, il n'y avait presque personne dans l'enceinte de l'établissement. Comme devinant ce qu'elle se disait, un jeune garçon arriva près d'elle :
- A cette heure là, les bus ne sont pas encore arrivés, il n'y a pas grand monde...
- J'avais remarqué... Répliqua-t-elle. Dis moi plutôt ou se trouve les casiers, que je puisse poser mon sac...
- Tu es nouvelle ici ? Demanda le jeune garçon
- De toute évidence...
Le garçon ne présentant aucun intérêt à ses yeux, (avec sa tenue de basketteur, ses cheveux châtains mi-long négligemment rejetés en arrière, ce devait encore être l'un de ses frimeurs qui faisait partie de l'équipe de l'école...) elle préféra s'éloigner. Mais il la suivait.
- Désolé, je ne voulais pas te vexer... On n'a pas de casier ici, ce n'est qu'un petit collège...
- Génial, me voila tombée dans le coin le plus pommé de la terre ! Bon maintenant tu peux me laisser tranquille ? J'aimerais rester seule !
Ignorant ce que venait de dire Alice, il continua :
- En quelle classe es-tu ?
- En quatrième, maintenant tu sais tout, au revoir !
Faisant toujours comme si elle ne manifestait aucune froideur à son égard, le garçon renchéri :
- Moi aussi ! J'espère que l'on sera dans la même classe...
- Pas moi, coupa Alice mais le garçon n'y prêta aucune attention
- Si tu veux je peux te montrer toutes les salles, il n'y a pas de visite en quatrième, seul les sixième y ont le droit, comme c'est leur toute première année...
- Non merci, je peux très bien me débrouiller toute seule !
- Bon d'accord, dit le garçon, mais si tu a besoin, moi, c'est Thomas.
- Très bien, moi c'est Alice
- Ok, alors... à bientôt !
Alice ne lui répondit pas. Elle se dirigea vers les toilettes sans même rendre à Thomas le signe qu'il lui faisait pour la saluer. La sonnerie ne retentit qu'un quart d'heure plus tard. Elle avait préféré rester dans les toilettes plutôt que d'être assise seule dans un coin de la cour, ce qui aurait fait d'elle une curiosité pour tout le monde. Mais lorsqu'elle en sortit, elle trébucha et s'étala par terre, son entrée discrète était ratée ! Quelques rires s'élevèrent mais le proviseur arriva, ce qui rétablit le silence. Thomas vint pour l'aider à se relever. Ignorant la main qu'il lui tendait, Alice se mit en rang avec les autres. Les élèves étaient répartis par niveaux (sixième, cinquième, quatrième et troisième) et chaque niveau était lui-même composé de trois classes, chacune symbolisée par une lettre (Quatrième A, B et C). Alice fut envoyée en quatrième B qui était -à son grand désespoir- la classe de Thomas...